Soutenance de thèse de DUMAS Antoine


Titre de thèse

Mécanismes de diffusion dans le dioxyde d'uranium en lien avec les propriétés mécaniques à hautes températures

Solid-state diffusion mechanisms in uranium dioxide in relation to high temperature mechanical properties

Date

15 July 2026 à 9h00

Adresse

Château de Cadarache : 13115 Saint-Paul-lez-Durance, Château de Cadarache

Ecole doctorale

Physique et Sciences de la Matière

Specialité

PHYSIQUE & SCIENCES DE LA MATIERE - Spécialité : MATIERE CONDENSEE et NANOSCIENCES

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Diffusion,Uranium,fluage,,

Keywords

Diffusion,Nuclear Fuel,Creep,,

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Directeur de recherche M. LECHELLE Jacques LM2C, CEA Cadarache, Saint-Paul-lez-Durance
Directeur de recherche M. GARCIA Philippe LCPC, CEA Cadarache, Saint-Paul-Lez-Durance
Chargée de recherche Mme GEY Nathalie LEM3, CNRS, Metz
Chargé de recherche M. GARDES Emmanuel LMV, CNRS, Clermont-Ferrand
Professeur des universités M. HEINTZ Jean-Marc ICMCB, ENSMAC/Bordeaux-INP
Professeur des universités M. MONERIE Yann LMGC, Université de Montpellier
Ingénieur de recherche M. LARGENTON Rodrigue R&D MMC, EDF, Saint-Paul-lez-Durance
Ingénieure de recherche Mme PERES Véronique DTE BU Recyclage, ORANO, Chusclan

Résumé de la thèse

Le dioxyde d'uranium utilisé comme combustible nucléaire est non-stœchiométrique en oxygène et ses propriétés viscoplastiques et de diffusion des atomes constitutifs du matériau ont une importance clé vis-à-vis de son comportement en service. Avec d'autres propriétés telles que celles de frittage ou de diffusion des gaz de fission, la cinétique de ces phénomènes dépend fortement de la concentration en défauts cationiques, bien que ceux-ci soient minoritaires. Cette concentration est déterminée par la température et l'activité d'oxygène du solide, ou indifféremment par la pression partielle d'oxygène du gaz en équilibre avec lui (pO2). Nos travaux concernent donc le matériau polycristallin dans son domaine monophasé (UO2+x), à haute température (1300–1700 °C), correspondant à des conditions incidentelles dans les REP. L'objectif de cette étude est l'investigation du lien entre propriétés viscoplastiques et d'auto-diffusion du cation.
Nous développons une méthode pour caractériser le comportement viscoplastique à partir d'essais de compression, d'une analyse de ces essais à l'aide de modèles macroscopiques et d'une analyse de la microstructure post-essai par MEB et EBSD. Aux fortes contraintes, le matériau est le siège de phénomènes de fluage dit « restauration » pour lequel la cinétique de restauration contrôle la vitesse de déformation. La microstructure résultante est caractérisée par la formation de sous-joints de grains, délimitant des sous-grains dont la taille en régime stationnaire est fonction de la contrainte maximale au cours de l'essai. La dépendance de la vitesse de déformation macroscopique à la pO2 suit une loi puissance, dont l'exposant est de l'ordre de 1/6. Cela correspondrait au mouvement d'une bi-lacune uranium-oxygène. Aux faibles contraintes, la vitesse de déformation stationnaire dépend de la taille de grain ce qui indique un mécanisme induit par la diffusion intergranulaire. Sa dépendance à la pO2 est réelle mais difficilement quantifiable.
Afin d'établir un lien avec les propriétés de mobilité du cation, nous mesurons le coefficient d'auto-diffusion de l'uranium à 1500°C dans la même gamme de pO2. Pour ce faire, nous réalisons des expériences d'interdiffusion isotopique entre deux échantillons polycristallins. L'interface, révélée par une méthode de section transverse, est analysée par SIMS. Nos résultats montrent que le coefficient de diffusion intergranulaire de l'uranium est très supérieur à celui de la diffusion en volume. La dépendance de ce dernier à la pO2 indique un mécanisme lié à des lacunes cationiques isolées. En revanche, dans les limites des incertitudes expérimentales, la diffusion intergranulaire ne semble pas être affectée par l'activité d'oxygène.
Ces résultats suggèrent que la diffusion intergranulaire est à l'origine des phénomènes de déformation viscoplastique à faibles contraintes. De la même façon, la très faible valeur du coefficient d'auto-diffusion de l'uranium en volume suggère que le mécanisme de restauration à fortes contraintes est lié à une diffusion accélérée dans des zones du matériau constituant des courts-cricuits de diffusion.
Mots clés : dioxyde d'uranium polycristallin, viscoplasticité, diffusion en volume, diffusion aux joints de grains


Thesis resume

Uranium dioxide, used as a nuclear fuel, is an oxygen-deficient or excess, non-stoichiometric oxide in which the viscoplastic and diffusion properties of the native atoms play a key role in its in-service behaviour. Along with many other properties, such as sintering or the diffusion of fission gases, the kinetics of these phenomena are strongly dependent upon the concentration of cation defects, despite them making up the minority defect population. The temperature and the oxygen activity of the solid, or oxygen partial pressure of the gas at equilibrium with it (pO2), determine these defect concentrations. This work therefore focuses on the polycrystalline material in its single-phase region (UO2+x), at high temperature (1300–1700 °C), which corresponds to incidental conditions encountered in PWRs. Our aim is to investigate the link between viscoplastic and cation self-diffusion properties through the characterisation of both these properties.
We develop a method to characterise the material's viscoplastic behaviour from compression tests, analysis of these tests using macroscopic models and post-test microstructural analyses by SEM and EBSD. At high stresses, the material undergoes a creep phenomenon known as ‘recovery-creep', in which the kinetics of recovery control the strain rate. The resulting microstructure is characterised by the formation of sub-boundaries delimiting subgrains, the size of which, at steady state, depends upon the maximum stress during the test. The macroscopic strain-rate is found to be a power law function of pO2 with an exponent close to 1/6. This exponent could correspond to the movement of a uranium-oxygen di-vacancy. At low stresses, the dependence of the steady-state strain rate on grain size suggests a mechanism driven by intergranular diffusion. Its dependence on pO2 is real but difficult to quantify.
In order to establish a link with the cation's migration properties, we measure the self-diffusion coefficient of uranium at 1500°C across a similar range of pO2. We develop a method based on isotopic interdiffusion experiments between two polycrystalline samples with different 235U enrichments. The interface, revealed post-test using a cross-section method, is analysed by SIMS. Our results show that the intergranular self-diffusion coefficient of uranium is very much greater than that for bulk diffusion. The pO2 dependence of this latter property points to a mechanism involving isolated cation vacancies. However, within the limits of experimental uncertainties, intergranular diffusion does not appear to be affected by oxygen activity.
These results suggest that intergranular diffusion is the underlying mechanism for viscoplastic deformation processes at low stresses. Similarly, the very low value of the volume self-diffusion coefficient for uranium suggests that the high-stress recovery mechanism is linked to accelerated diffusion in regions of the material where diffusion short-circuits exist.
Keywords: polycrystalline uranium dioxide, viscoplasticity, volume diffusion, grain boundary diffusion